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Conseil du Val d'Oise

Dépistage organisé du cancer du sein

Dépistage organisé du cancer du sein

A propos des conclusions du groupe de travail de l’IARC (International Agency for Research on Cancer –

N Engl J Med 2015; 372:2353-2358 June 11, 2015 DOI: 10.1056/NEJMsr1504363 )

Le dépistage du cancer du sein, organisé par les pouvoirs publics

Il est généralisé sur l’ensemble du territoire depuis 2004. Il concerne les femmes âgées de 50 à 74 ans, sans symptôme apparent ni facteur de risque particulier, invitées à se faire dépister tous les deux ans (mammographie avec double lecture et examen clinique des seins).Ne sont pas éligibles au programme de dépistage organisé les femmes :

  • à risque élevé de cancer du sein (antécédent personnel de cancer du sein ; image anormale lors de la dernière mammographie ; existence d’une néoplasie lobulaire ; existence d’une hyperplasie épithéliale atypique). Une surveillance spécifique est alors mise en place avec, le plus souvent, une mammographie annuelle.
  • à risque très élevé de cancer du sein (forme héréditaire de cancer du sein, présence de mutations génétiques, notamment BRCA1 et BRCA2). En cas de suspicion d’un risque très élevé de cancer du sein, la patiente doit être orientée vers une consultation d’oncogénétique. Une surveillance spécifique est mise en place si le risque très élevé est avéré.

La réalité du terrain…

En 2013, derniers chiffres publiés, près de 2 500 000 femmes ont participé au dépistage dans le cadre du programme soit 51,6% de la population cible des femmes de 50 à 74 ans. A ce nombre, il faut ajouter les dépistages effectués à titre individuel.

La participation des femmes à ce programme de dépistage demeure néanmoins insuffisante. En effet, il est estimé qu’un taux de 70 % de participation est nécessaire pour pouvoir, par une prise en charge la plus précoce possible, réduire la mortalité par cancer du sein.

Ce qui a pu être dépisté en 2010 (derniers chiffres publiés)

Plus de 16 000 cancers du sein ont été découverts par le dépistage organisé, soit 6,8 cancers pour 1 000 femmes dépistées. De plus, la deuxième lecture des clichés de mammographie a permis de dépister 6,6 % de cancers. Les cancers invasifs dépistés représentent environ 35 % des nouveaux cas chez des femmes françaises de 50 à 74 ans.

Les conclusions du groupe de travail de l’IARC

Le bénéfice en fonction de la tranche d’âge

Les femmes de 50 à 69 ans invitées à participer au dépistage du cancer du sein par mammographie ont, en moyenne, une réduction de 23 % du risque de décès par cancer du sein.

Les femmes qui ont bénéficié d’un dépistage par mammographie ont une réduction plus importante risque, estimée à environ 40 %.

Une réduction substantielle du risque de décès par cancer du sein a été aussi régulièrement observée chez les femmes 70 à 74 ans qui étaient invités ou qui ont bénéficié d’une mammographie de dépistage.

Le bénéfice est moindre pour la tranche d’âge de 40 à 59 ans

Les effets délétères

Le risque de sur-diagnostique est de l’ordre de 6,5 % (intervalle: 1 à 10 %) sur la base de données provenant d’études en Europe.

Le risque cumulé estimé de décès par cancer du sein en raison de l’irradiation lors des mammographies est de 1 à 10 pour 100 000 femmes, selon l’âge et la fréquence et la durée de dépistage. Il est plus petit d’un facteur d’au moins 100 que les estimations des décès par cancer du sein qui sont prévenues grâce au dépistage par mammographie pour un large éventail d’âges.