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Conseil du Val d'Oise

La médecine physique réadaptation

Appelée auparavant Rééducation et Réadaptation Fonctionnelle (RRF), la Médecine Physique et de Réadaptation (MPR)est une spécialité médicale reconnue officiellement depuis 1973, et qui tient sa spécificité dans le fait qu’elle n’est pas une spécialité d’organe mais une spécialité en charge des soins en rapport avec le handicap physique . Elle est par conséquent à l’interface de 3 spécialités que sont la rhumatologie, l’orthopédie et la neurologie dans l’approche globale et fonctionnelle des séquelles qu’engendrent les diverses pathologies de ces dites spécialités.

Encore assez mal connue du public mais également des médecins, cette spécialité à part entière peut être exercée dans des services de rééducation fonctionnelle des cliniques ou hôpitaux publiques mais également en libéral. Etant à l’interface de 3 spécialités que sont la rhumatologie, l’orthopédie et la neurologie, elle s’intéresse plus particulièrement aux séquelles physiques ou cognitives des pathologies de ces trois spécialités. Le médecin MPR a un rôle majeur dans le bilan fonctionnel initial d’un patient permettant d’orienter la rééducation ou la réadaptation et le suivi des soins mis en oeuvre. De plus, étant médecin et non pas un « super kiné » , il réalise des actes aussi variés que des manipulations vertébrales, des infiltrations, des injections de toxine botulique dans des muscles spastiques ou des explorations urodynamiques. Tous ces actes ne sont bien évidemment réalisés que si le bilan initial a mis en évidence la nécessité de les pratiquer au vu du bénéfice attendu en terme fonctionnel ou à but antalgique. Afin d’illustrer ce propos, prenons un exemple de trouble fonctionnel avec la description de la démarche diagnostique et thérapeutique.

Exemple de motif de consultation : une boiterie douloureuse à la marche d’un patient ayant pour antécédent une hémiplégie. 1er temps : bilan clinique : la douleur étant située au niveau du membre inférieur siège de l’hémiplégie , l’examen va être conduit de la façon suivante : examen de la statique du sujet en position debout, examen de la marche puis examen orthopédique complet incluant l’examen des mobilités de hanche ,genou , cheville et pied ; recherche de rétractions musculo-tendineuses notamment au niveau du triceps sural , très fréquent dans l’hémiplégie spastique ou des adducteurs de hanche puis examen neurologique complet : bilan sensitif et moteur avec testing musculaire et évaluation du degré de spasticité. 2è temps : en fonction du résultat de l’examen , on va être orienté soit par une affection rhumato-orthopédique comme par exemple une gonarthrose ou une affection neuologique avec par exemple spasticité ou rétraction du triceps et griffe d’orteils. En cas d’affections rhumato-orthopédiques suspectées du genou par exemple, après avoir procédé à des examens radiologiques stantards voire une imagerie plus avancée comme une IRM du genou , pourra être réalisés par exemple des infiltrations du genou et/ou une rééducation en piscine s’il s’agit d’une gonarthrose ou autre affection péri-articulaire. Soit, si l’affection eut chercher à améliorer la statique plantaire en réalisant des orthèses podologiques et/ou des injections de toxine botulique dans certaines muscles spastiques responsables de la griffe d’orteils ; des orthèses releveurs du pied peuvent être prescrites en cas de steppage du pied à la marche mais également des médicaments anti-spastiques comme le baclofène ou le Dantrolène si besoin voire une rééducation spécifique d’étirements des chaines musculaires spastiques et stimulations des muscles déficitaires etc… 3è temps : explication des actions mises en route au patient et à son médecin traitant puis évaluation de ces actions par un suivi de consultations programmées jusqu’à l’amélioration ou la stabilisation du symptôme initial.

A travers l’exemple ci-dessus, on voit bien que le médecin MPR est complémentaire aux autres spécialistes puisqu’il est plus dans une démarche de diagnostic fonctionnel dans un objectif d’amélioration de l’autonomie du handicap en prenant en compte la globalité de l’examen clinique tant neurologique que rhumato-orthopédique. Actuellement et du fait de la pénurie de médecins spécialistes MPR et du nombre important de postes vacants, un diplôme universitaire a été crée permettant d’obtenir une qualification en MPR pour tout médecin désireux de se former à cette discipline.