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Conseil du Val d'Oise

Les vaccins contre le coronavirus : mise à jour du 8 avril 2021

Les vaccins contre le coronavirus : mise à jour du 8 avril 2021

Les vaccins :

Aujourd’hui, plus de 250 vaccins ont été mis au point, 50 sont au stade de développement clinique et 9 sont homologués dans certaines parties du monde.
Il existe plusieurs types vaccins basés sur des technologies classiques ou innovantes.
Ces vaccins permettent d’initier une réponse immunitaire contre la protéine S du virus ou « spike glycoprotéine ».
Pourquoi ce choix ?
1.1. Pour obtenir une réponse immunitaire ciblée.
La protéine S est l’élément le plus externe dans la structure du virus. La vaccination contre cette protéine va engendrer des anticorps neutralisants qui en se fixant à cette protéine peuvent bloquer l’entrée du virus comme pour d’autre virus, comme celui contre la grippe.
1.2. Pour induire réponse immunitaire ciblée
La vaccination contre cette protéine a pour but d’initier une réponse immunitaire adaptative.
La transformation des lymphocytes B en plasmocytes secrétant des anticorps neutralisant contre la protéine S.
La transformation des lymphocytes B en lymphocytes B mémoires engendre une plus grande production d’anticorps lors d’une nouvelle rencontre avec l’antigène viral.
Les anticorps produits par les lymphocytes B vont avoir plusieurs rôles : neutralisation des virus, stimulation de la phagocytose, stimulation de la destruction des virus et enfin activation du complément.

Les vaccins à virus

1.3. Les technologies
Les vaccins contenant les virus responsables de la COVID19 représentent le type de vaccin le plus ancien, cela comprend les vaccins à virus « sauvages » : atténués, inactivés ou dénaturés.
Les vaccins à vecteur viral répliquant ou non, utilisent d’autres virus, inoffensifs pour l’homme, des adénovirus. Ces adénovirus sont génétiquement modifiés, capables d’exprimer les protéines immunogènes du Sars-CoV-2 (spike protéines) et ainsi induire une réaction immunitaire.
1.3.1. Le principe
Ces vaccins sont capables d’exprimer à leur surface les protéines immunogènes du Sars-CoV-2(spike protéines).
Les adénovirus recombinants (AAV) sont obtenus en remplaçant les gènes E1 du virus par le gène thérapeutique (Protéine S), empêchant ainsi la réplication de l’adénovirus dans l’organisme des patients.
La seconde étape consiste à transfecter une lignée cellulaire (cellules 293 T) pour obtenir l’adénovirus recombinant avec la protéine S.
1.3.2. Le vaccin AstraZeneca ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222)
Il est basé sur un adénovirus modifié qui infecte naturellement le chimpanzé pour lequel l’homme n’est pas immunisé. Ce vecteur encode la version “sauvage” de la protéine S (spike).
Il n’ya pas d’adjuvant
Le schéma thérapeutique comporte un rappel à 28 jours et est « dosé » à 2.5 × 1010 particules.
Les 4 études de Phase-III on a observé 30 cas de COVID-19 (0 grave), Globalement, le taux d’efficacité est 79 % (80 % pour les cas symptomatique et 100 % pour les cas sévères).
L’efficacité demeure de 70.4% (95% CI 43.6 à 84,5) pour le variant B.1.1.7 (variant anglais) et de 81.5% (67.9 à 89.4) pour les lignées non-B.1.1.0*.
Dans le groupe vacciné, il s’est produit 0,7 % d’EIG par rapport à 0,8 % dans le groupe avec placebo. Il y a eu 3 cas de myélite transverse (2 cas avec le vaccin ; 1 cas avec le placebo), mais ils ont été jugés être sans lien avec le vaccin.
Références : – The Lancet 2021: 397(10269): 99-111 – * The Lancet 2021; 397(10282): 1351-1362
1.3.3. Le vaccin de Jansen (JNJ-78436735)
Il utilise un AAV (Ad26.COV2.S) à réplication défective qui exprime la totalité de la glycoprotéine composant« spike ».
Il n’y a pas d’adjuvant.
La vaccination n’implique pas une injection de rappel.
La tolérance est généralement bonne mais l’efficacité globale semble plus faible, 66 %.
Référence : NEJMoa2034201 | January 13, 2021
1.3.4. Le vaccin spoutnik V Gam-COVID-Vac
C’est un vaccin à réplication défective. Il comprend pour la première injection comme vecteur un AAV recombinant de sérotype 26 (rAd26) et pour le rappel un adénovirus différent de sérotype 5 (rAd5). Les deux rAAV expriment le gène de la glycoprotéine S (spike).
Il n’y a pas d’adjuvant
La « dose pour » chaque injection est de 1·0 × 1011 particules virales.
L’efficacité reportée par la publication du Lancet donne un taux d’efficacité de 91.6% (95 % CI 85,6–95,2)
Références : The Lancet. 2021; (published online Feb 2.) https://doi.org/10.1016/S0140-6736(21)00234-8
1.3.5. CanSino Biologics
C’est un vaccin à virus à réplication défective. Le vecteur AAV (AdV5) qui exprime, lui aussi la glycoprotéine « spike » de la souche Wuhan-Hu-1.
Il n’y a pas d’adjuvant
La « dose » pour chaque injection est de 1,5 × 1011 particules virales.
Ce vaccin est homologué en Chine et dans quelques autres pays.
Références : The Lancet. (2020) 395:1845–54. doi: 10.1016/S0140-6736(20)31208-3 ; JAMA. (2020) 324:951–60. doi: 10.1001/jama.2020.15543

Les vaccins à Protéines recombinantes

1.4. Le principe
La mise au point de vaccins sous-unitaires recombinants est la troisième approche utilisée par les firmes. Ces vaccins ont pour objectif de provoquer une réponse immune dirigée contre la spike protéine du Sars-CoV-2 afin de bloquer la liaison avec le récepteur ACE2 des cellules de l’hôte.
Les antigènes protéiques utilisés spécifiques du Sars-CoV-2 sont produits par recombinaison génétique. La réponse immunitaire observée est plus poussée vers la réponse B.
Une autre technologie est représentée par les vaccins à pseudo particules virales (VLP), comme pour les vaccins anti-HPV, avec la protéine S sans le génome du virus
1.5. Le vaccin Novavax
Il utilise une version recombinante de l’ensemble de la glycoprotéine “spike” qui est stabilisée dans une formulation utilisant les nanoparticules. La matrice est utilisée comme adjuvant et qui est mélangée juste avant l’administration. Le vaccin doit être conservé à une température de 2-8°C.
La Phase-III publiée porte sur 15 000 patients âgés de 18 à 84 ans, dont 27 % > 65 ans. L’éfficacité vaccinale est sur la souche originale de 96,4 % (CI 95% : 73,8 to 99,5) et sur le variant B.1.1.7/501Y.V (UK strain) de 86,3% (CI 95 % : 71,3 to 93,5). La tolérance est non spécifique.
Référence : N Engl J Med 2020; 383:2320-2332 – DOI: 10.1056/NEJMoa2026920

Les vaccins à matériel génétique (nouvelle génération)

1.6. Le principe
C’est la technique la plus novatrice. Ces vaccins ne contiennent qu’une partie du matériel génétique du coronavirus qui sera exprimé dans la cellule hôte où sera injecté le vaccin. Actuellement, il y a 20 vaccins à ADN en développement mais aucun en Phase-III et 29 à ARNm, dont deux sont homologués.
Les vaccins dont l’ARNm correspond à la protéine S. L’ARNm produit est ensuite purifié. Pour éviter que l’ARNm correspondant à la protéine S modifiée ne soit dégradée, une structure lipidique (nanoparticule lipidique) est ajoutée. Les nanoparticules à base de lipides permettent de protéger l’ARNm des dégradations enzymatiques et facilitent l’entrée de l’ARNm dans la cellule.
Ces ARNm sont réplicatifs (SAM, production permanente) ou non réplicatifs (NRM, expression transitoire). La protéine sera présentée par la suite aux cellules immunitaires à l’aide du CMH. L’administration IM permet l’expression de l’ARNm dans cellules musculaires et cellules immunitaires localisées dans la zone d’injection. Les nanoparticules sont transportées dans les ganglions lymphatiques, ce qui permet aussi de stimuler d’autres cellules immunitaires.
Une des différences entre le Vaccin Moderna et Vaccin Pfizer et BioNTech (BNT162b2) repose sur la formulation lipidique.
1.7. Le vaccin de Moderna/NIH
Vaccin à mRNA encodant la glycoprotéine S encapsulées dans des nanoparticules, sans adjuvant.
Vaccin stable à -20° C à 6 mois et jusqu’à 30 jours à température ambiante.
Schéma vaccinal avec un rappel à 28 jours.
Dans l’étude pivot de Phase-III, il a été observé dans le groupe vacciné, 11 cas de COVID-19 (0 grave), et dans celui avec placebo, 185 cases (30 graves soit une réduction relative de risque (RRR) de 94 %).
Les rapports d’EI sans sollicitation incluaient la céphalée (3 %), la fatigue (2 %), une lymphadénopathie (1,2 %) et des myalgie (1 %). L’incidence des EIG (0,6 %) et l’incidence des décès étaient semblables dans les 2 groupes.
Référence : N Engl J Med 2021;384:403-416
1.8. Le Pfizer-BioNTech
C’est un vaccin à mARN (modRNA) encodant la totalité du spike du SARS-CoV-2. Le vaccin est formulé dans des nanoparticules lipidiques. Il n’y a pas d’adjuvant. Une injection de rappel est nécessaire.
Dans l’étude pivot de Phase-III, il a été observé dans le groupe vacciné, 9 cas de COVID-19 (1 grave), et dans celui avec placebo, on a compté 169 cas (4 graves), soit une RRR = 95 %).
Parmi les événements indésirables (EI) rapportés sans sollicitation figuraient la douleur au site d’injection (11 %), la fatigue (6 %) et des myalgies ou des céphalée (5 %). L’incidence des événements indésirables graves était de 0,5 %.
Référence : N Engl J Med 2020; 383:2603-2615

Les différents type de vaccins